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« La Fille du Marais » de Franny Billingsley

22 octobre 2011

Deuxième livre lu en tant que chroniqueuse On Lit Plus Fort, et je remercie cette fois Gallimard Jeunesse bien sûr, pour ce colis qui a posé un grand sourire sur mon visage (une semaine après Lueur de Feu, je ne m’attendais pas à en recevoir un nouveau si vite ! Mais j’en suis bien sûr ravie :)), mais aussi à la maison d’édition (Les Grandes Personnespuisque c’est chez elle qu’est sorti La Fille du Marais ! Une très belle surprise donc, dans la boîte aux lettres mais aussi en parcourant les pages…

Briony Larkin a 16 ans et une vie pas facile.. TATATA, je vous arrête. Non, ce n’est pas ENCORE une histoire d’adolescence ratée, de boutons et d’acnée, de dépressions amoureuses et de romance à l’eau de rose. Je continue. Briony Larkin a 16 ans et une vie pas facile. Elle a quelques petits problèmes. Moui, tout petits. Elle est juste responsable de la mort de sa belle-mère, de la déficience mentale de sa petite soeur, doit cacher aux autres sa vraie nature… et elle se hait, se hait de tout son cœur parce que c’est comme ça qu’elle arrive à gérer avec ce qu’elle est. Une sorcière.

Dans cette région reculée d’Angleterre au début du XXe siècle, la révolution industrielle laisse peu à peu ses marques mais n’a pas encore effacé les superstitions, les pendaisons de sorcières et les créatures du marais. Briony a le don de seconde vue – qu’elle voit plus comme une malédiction que comme un don – mais cache son secret tout en résistant à l’appel du marais et en s’occupant de sa sœur jumelle, sous peine d’être pendue. Parce que si les habitants du petit village ont appris à cohabiter avec Ceux du passé, ils s’éloignent du marais autant qu’ils peuvent – il est prévu de l’assécher -, se cachent de la toux du marais et chassent les sorcières.

Si certains blogueurs ont eu du mal à entrer dans l’histoire, j’ai pour ma part été aspirée dès la première page dans cette ambiance sombre – qui m’a un peu fait penser à Tim Burton, admirative aussi pour cette auteure qui arrive à nous emmener avec elle dans ce village aux moeurs particulières, si bien que, même si l’histoire se passe au XXe siècle, j’ai parfois eu l’impression d’avancer dans un monde parallèle, ou du moins dans une bulle intemporelle où se cotoyent créatures fantastiques et villageois ordinaires.

Dans d’autres contexte, j’aurais pu détester Briony, constamment en train de se plaindre et de se haïr. Mais elle a le tact d’avoir de bonnes raisons de le faire, et c’est déjà une bonne chose, mais aussi d’accompagner son humeur morose d’une bonne dose d’auto-dérision, et d’une grande maturité. J’ai aussi beaucoup aimé le personnage de Rose, sa soeur jumelle, très attachant. On a l’impression d’être en face d’une fillette de 6 ans, mais le lien fort malgré tout entre les deux soeurs nous ramène à la réalité.. et ses attitudes toujours plus surprenantes et décalées font bien avancer le récit, même si le personnage est au départ secondaire. Eldric aussi m’a bien plu, et leur romance qui se file en arrière-plan met une chouette touche positive dans le roman même si tout ne se passe pas merveilleusement, et j’ai beaucoup aimé suivre cet amour sans coup de foudre, sans depuis-le-début-je-savais-que-c’était-lui, tout en douceur mais pas pour autant moins puissant.

L’histoire ne m’a pas marquée pour son action, et s’il n’y avait pas eu le reste, j’aurais été loin d’être conquise, mais son ambiance, les personnages et les idées du livre rattrapent sans soucis les petits moins. Les idées, parce que malgré les créatures fantastiques et la situation quelque peu compliquée de Briony, je pense que nombre d’adolescent(e)s pourront s’identifier dans ce personnage… Je pense que chacun a sa Muse noire, son Eldric et sa Rose personnelle 🙂

Père avait préparé un sermon sur le sens de la vie de Mr. Spoiler. C’est pourquoi on écrit des histoires : pour tenter de créer du sens à partir de rien. Mais la vie de Mr. Spoiler n’avait aucun sens. Il avait vécu, exhalé des odeurs de soupe en boîte, et il était mort.
Quand nous étions petites, Rose et moi jouions à un jeu qui consistait à relier des points entre eux. J’adorais ce jeu. J’adorais tracer une ligne du point numéro 1 au point numéro 2 et ainsi de suite. Mais surtout, j’adorais le moment où les points, semés au hasard, formaient une image.
C’est ce que font les histoires. Elles relient les points hasardeux de la vie pour créer des images. Mais ce n’est qu’illusion. Essayez un peu de relier les points de la vie et vous aboutirez à un gribouillis sans queue ni tête.

– évidemment, le mort ne s’appelle pas Mr. Spoiler, mais le nom que je lui ai donné s’explique de lui-même 😉 –
pages 79-80

Une très bonne découverte donc, et j’en suis d’autant plus ravie que je ne pense pas que j’aurais acheté le livre s’il ne m’avait pas été envoyé, merci encore !

La Fille du Marais, Franny Billingsley, Les Grandes Personnes,
IS
BN 978-2361930851, 411 pages, 19 €,
Liens : Bibliomania, Amazon
Enjoy !

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9 commentaires leave one →
  1. 22 octobre 2011 19hi

    Je suis en train de le terminer, j’aime beaucoup aussi !

  2. 23 octobre 2011 18hi

    Ce roman semble vraiment sympa et surtout super original. A voir par la suite…

  3. 28 octobre 2011 17hi

    🙂 Très belle chronique ! Je te le piquerai surement un jour 😛

  4. 26 juillet 2012 20hi

    Il a l’air bien ! j’aime ce genre d’ambiance 🙂

Trackbacks

  1. Challenge Magie & Sorcellerie Littéraire « Desirdelire ☼

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