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« Le misanthrope » de Molière

8 août 2011

J’avais fait ma première approche de Molière par Le Bourgeois Gentilhomme, qui était une lecture imposée – et imposée est un bien méchant mot – cette année à l’école et que j’avais beaucoup aimée et trouvée très drôle. J’ai donc eu envie de tester à nouveau, et dans tous les titres de ma PAL – vive les Librio à 50 centimes la pièce en bouquinerie ! ;D – j’ai choisi Le misanthrope. On m’avait prévenu qu’il n’était pas vraiment drôle (merci Minyu :)) mais j’avais quand même envie de tenter ma chance, étant donné toutes les éloges que j’avais entendues à son sujet. Et je ne regrette pas, ce fut une superbe lecture !

Moi qui n’aime pas particulièrement lire à haute voix, j’en ai tout de suite ressenti l’envie. Ces phrases sonnent si bien à l’oral – après tout, c’est du théâtre ! – que parfois je relisais plusieurs fois un passage, simplement pour la beauté du son, le plaisir que je ressentais en prononçant ces vers, en faisant claquer ma langue sur mon palais avec tant de poésie.

L’amour, pour l’ordinaire, est peu fait à ces lois,
Et l’on voit les amants vanter toujours leur choix ;
Jamais leur passion n’y voit rien de blâmable,
Et dans l’objet aimé tout leur devient aimable,
Ils comptent les défauts pour des perfections,
Et savent y donner de jolis noms.
La pâle est aux jasmins en blancheur comparable ;
La noire à faire peur, une brune adorable ;
La maigre a de la taille et de la liberté ;
La grasse est dans son port plein de majesté ;
La malpropre sur soi, de peu d’attraits chargée,
Est mise sous le nom de beauté négligée ;
La géante paraît une déesse aux yeux ;
La naine, un abrégé des merveilles des cieux ;
L’orgueilleuse a le cœur digne d’une couronne ;
La fourbe a de l’esprit, la sotte est toute bonne ;
La trop grande parleuse est d’agréable humeur,
Et la muette garde une honnête pudeur.
C’est ainsi qu’un amant dont l’ardeur est extrême
Aime jusqu’aux défauts des personnes qu’il aime.

Acte II, Scène IV

Comment Alceste, le misanthrope, lui qui rejette les mœurs de son époque qui consistent à être poli, galant, à garder en toute circonstance les dehors civils que l’usage demande, à garder pour soi, donc, ce que l’on pense, et à dire ce que l’autre veut entendre. Comment Alceste, donc, peut-il être l’amant de Célimène la coquette, la médisante ? Et quand cet Alceste se met en tête d’abord de tenir tête aux mœurs qu’il refuse et ensuite de faire de Célimène son exclusivité, Le misanthrope nait, méli-mélo de personnages, de caractères, d’idées et de nuances. Certaines de ces idées m’ont échappées, j’en suis sûre, et je relirais sans aucun doute cette œuvre dès que l’envie se présentera, histoire de les démêler dans leur entièreté, et même s’il me faudra sans doute plusieurs relectures pour cela – je suis persuadée que Le misanthrope fait partie de ces livres qu’on redécouvre toujours meilleur, toujours plus recherché, toujours plein d’idées nouvelles… un cadeau qui n’attend qu’à être déballé, encore, et encore. Et encore.

Je vous conseille donc vivement cette belle œuvre de théâtre français ! Surtout qu’elle se lit vraiment vite – sans compter bien sûr les nombreux arrêts sur les beaux mots, les abondantes répétitions de passages remarquables et les arrêts pour souffler un peu, lecture à voix haute oblige ;D.

Le misanthrope, Molière, Larousse (Nouveaux Classiques)
IS
BN 9782038716689, 128 pages, 2 €,
Liens : Bibliomania, Amazon
Enjoy !

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8 commentaires leave one →
  1. 9 août 2011 15hi

    Je suis ravie qu’il t’ait plu ! Pour moi c’est LA pièce de ma vie !
    Si l’image que tu as mise est l’édition que tu possèdes, j’ai exactement la même que toi !
    Finalement, je ne comprends pas bien : l’as-tu trouvée drôle, ou pas ?

    • 31 août 2011 10hi

      Oui, c’est l’édition que j’ai, c’était la moins chère à la bouquinerie ;D
      Et je ne l’ai pas vraiment trouvée drôle, mais ça ne m’a pas empêché de beaucoup l’appréciée ! 🙂

  2. 9 août 2011 21hi

    Moi sa me fais peur le théatre ! 😛 J’ai lu 5-6 pièces qui m’étaient imposées pour les cours & j’avais plutot aimé , mais de moi même je n’ose pas, j’ai peur de m’ennuyer 😛

    • 11 août 2011 11hi

      Tu as tort, tu devrais te lancer ! Il y a forcément une pièce qui te correspond. Je suppose que c’est le classique qui te fait peur ? Dans ce cas, il te suffit de te lancer dans une pièce moderne ou contemporaine ! Ne sois pas effrayé(e) (?) de prendre du temps pour chercher une pièce qui te plaît. Et si tu t’ennuies, rien ne t’oblige à la terminer !

  3. 20 août 2011 8hi

    Le misanthrope, c’est certainement ma pièce préférée de Molière, justement à cause de la profondeur de ses personnages et de ses thématiques (et puis, cette langue et ces vers, quand même…^^). On rit différemment que dans les Fourberies de Scapin, par exemple, mais on rit quand même, et je suis tout à fait d’accord avec toi lorsque tu dis que ce genre de livre peut-être relu plusieurs fois en y découvrant toujours quelque chose de nouveau 😉

  4. 31 août 2011 17hi

    Un petit commentaire pour prévenir d’un changement survenu sur mon blog de lectures… Pas tellement un changement en fait. J’y ai mis fin, pour plusieurs raisons. Mais cela ne m’empêchera pas de continuer à visiter le tien ! 😉

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