Skip to content

“La Mécanique du Coeur” de Mathias Malzieu

1 novembre 2010

Ce livre me faisait de l’œil depuis longtemps, avec toutes les bonnes critiques qui circulent sur les blogs à son sujet, et sa couverture juste magnifique (la couverture anglaise est également superbe, voir fin de l’article). Je voulais également essayer parce que ce n’est pas le genre de livre que je lis d’habitude : la Mécanique du Cœur a été écrit par le chanteur du groupe Dionysos (que je ne connaissais que de nom), tout en poésie. Alors quand je l’ai vu à la librairie, j’ai sauté dessus et je l’ai acheté. Enfin plutôt j’ai sauté dessus, j’ai été choqué de sa toute petite épaisseur, et puis je l’ai acheté 😉

Edimbourg, 1874 : c’est le jour je plus froid du monde. Dehors, les oiseaux se glacent en plein vol. Dedans, les familles se serrent au coin du feu. Et dans une maison reculée où vit l’excentrique Docteur Madeleine, Little Jack naît. Son cœur gelé se brise immédiatement, mais Docteur Madeleine le remplace par une vieille horloge en bois, et sauve le petit. Sa mère s’en va, il est orphelin.
Mais orphelin heureux, qui vit auprès de Madeleine, au rythme du tic-tac de son cœur, au rythme du coucou qui sonne chaque heure. Les années s’écoulent, où Jack n’a comme amis que les patients de Docteur Madeleine, mi-docteur, mi-sorcière, puisqu’il ne sort pas de chez lui. Jusqu’au jour où Madeleine lui autorise à réaliser son rêve : sortir, découvrir la ville. Mais le monde est dangereux : il rencontre Miss Acacia, petite chanteuse andalouse, dont il tombe follement amoureux. Lorsqu’elle disparaît, Jack décide de partir à sa recherche, même s’il faut pour cela aller jusqu’au fin fond de l’Andalousie.

Premièrement, ne touche pas à tes aiguilles.
Deuxièmement, maîtrise ta colère.
Troisièmement, ne te laisse jamais, au grand jamais, tomber amoureux.
Car alors pour toujours à l’horloge de ton cœur la grande aiguille des heures transpercera ta peau,
tes os imploseront, et la mécanique du cœur sera brisée de nouveau.

Ceci est un conte, un conte qui raconte cruellement un premier amour, plus fort que tout. Mais aussi la différence qui dérange, la cruauté parfois.

Dur dur d’écrire cette chronique, parce que ça se bouscule dans ma tête. J’ai l’impression d’avoir été touchée sans vraiment l’être, d’avoir aimé mais pas vraiment… Mais non, partez pas ! Je me ressaisi 😉

Ce qui est sur, c’est que j’ai été touché au moins en partie, parce que c’est presque impossible de ne pas l’être, que ce soit par l’histoire, par le style ou par les personnages.

Les personnages justement : parlons-en. Ils sont tous touchants, à leur manière. Tous un peu cassés.
Little Jack bien sur. Ce petit être à l’apparence toute fragile, renfermé, calme et discret, curieux.
Miss Acacia aussi, qui m’a touchée mais également énervée. Touchée à cause de petites choses, comme par exemple par le fait qu’elle préfère se cogner partout plutôt que de porter des lunettes qui la font ressembler, dit-elle, à une « flamme… à lunettes ». Mais énervé également, par ses paroles trop dures parfois.
Et puis tous les autres personnages, qui forment une grande famille pour Jack : du Dr. Madeleine à Méliès qui, ni une ni deux saute dans le train en route et accompagne Jack, en passant par Luna et Anna, deux prostituées.

L’histoire n’est pas du tout originale, quand on y pense. Un petit garçon différent des autres qui tombe amoureux d’une fille. D’une fille dont l’ancien amoureux est le garçon le plus fort de l’école. Mais le petit garçon différent ne lâche pas les bras et part à la recherche de la fille, qui a disparu… je continue ? 😉 Donc une histoire pas très originale, mais qui pourtant se différencie des autres, grâce au style de l’auteur.

Ce conte est bien écrit, on ne peut que s’en rendre compte, en s’envolant au-dessus des mots (au-dessus des vers, des rimes même). Mais parfois, un mot, une tournure de phrase, une scène casse notre petits nuages. Des incohérence temporelles la plupart du temps (l’histoire est censée se passée en 1874 !), ou des phrases qui heurtent, quand on est en train de rêver (« Imitant un chien qui renifle une merde, Joe approche son nez de mon horloge », « Un moineau se pose sur l’aiguille de mes minutes, je sursaute. Il m’a fait peur ce con ! », et je ne prends pas les plus forts…). Mais dans l’ensemble, très bien écrit, donc 🙂

Pour finir, je ne sais pas vraiment de quel côté se pencher. Je crois qu’il faut tester pour se rendre compte !

Quelques extraits, là où j’aurais pu en piocher des centaines d’autres :

Elle semble furieuse et inquiète à la fois. Je me sens honteux. En même temps je me remémore les images de cet arbuste de fille qui chante sans lunettes et qui regarde le soleil dans les yeux. Imperceptiblement, je me laisse tomber amoureux. Perceptiblement, aussi. A l’intérieur de mon horloge, c’est le jour le plus chaud du monde.

Je viens d’embrasser la fille à langue d’oiseau et rien ne sera plus jamais comme avant. Mon horlogerie palpite tel un volcan impétueux. Pourtant ça ne fait mal nulle part. Enfin si, quand même,j’ai un point de côté. Mais je me dis qu’après une telle ivresse de joie, ce n’est qu’un maigre prix à payer. Cette nuit, je vais grimper à la lune, m’installer dans le croissant comme dans un hamac et je n’aurai absolument pas besoin de dormir pour rêver.

Je l’effleure de toutes mes forces, elle m’est fleur de toutes les siennes.

PS/ Là où beaucoup ont voulu lire le livre après avoir entendu le disque, j’ai fais le contraire : j’ai lu le livre, et puis écouté certains des morceaux sur youtube… je vous invite à faire de même, ça vaut la peine ! Une des musiques ci-dessous, pour vous donner envie 😉
PPS/ Un film est en projet… justement ce livre me faisait penser à une ambiance Tim Burton 😉

 

 


La Mécanique du Cœur
Auteur : Mathias Malzieu
Editeur : Flammarion ou J’ai lu
Prix (format poche) : 5,60 €
Pages : 155

Publicités
9 commentaires leave one →
  1. 1 novembre 2010 18hi

    Je connaissais le CD avant le livre mais quand je l’ai lu j’ai réécouté le CD en même temps et j’ai adoré lire cette histoire ! Le langage et autres situations peut-être bateau ne m’ont pas rebutées.

    • 1 novembre 2010 19hi

      Ca ne m’a pas non plus « choqué », mais parfois je me demandais un peu d’où ça venait 🙂
      Et j’aurais aimé écouter l’album en même temps que ma lecture, peut etre lors d’une relecture 🙂

  2. 1 novembre 2010 19hi

    Tout à fait d’accord, le style fait tout!
    Un très bon souvenir de lecture, un auteur à suivre!

  3. 2 novembre 2010 1hi

    Cette couverture est tellement belle !!! Chaque fois que je tombe sur une critique, il me tente !

    • 2 novembre 2010 11hi

      Et bien laisse toi tenter alors 😉 Il est pas cher, et il se lit rapidement 🙂
      (Et il en vaut la peine ;))

  4. Sacriledge permalink
    29 janvier 2011 23hi

    En effet c’est un très beau livre, qui montre qu’une histoire peu originale peut tout à fait passionner le lecteur selon la façon dont elle est racontée !

Trackbacks

  1. Bilan d’octobre « Desirdelire ☼

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s

%d blogueurs aiment cette page :