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« Si jamais… » de Meg Rosoff

23 juillet 2010

J’ai failli ne pas finir ce livre. Alors, autant vous le dire tout de suite, si vous vous attendez à être conseillés, de lisez pas mon avis…

Il est très rare pour moi de ne pas finir mes livres, je pense d’ailleurs que ça ne m’est jamais arrivé. (Le seul qui aurait été dans ce cas s’il n’avait pas été une lecture scolaire est No pasaran, le jeu de Christian Lehmann) Mais j’ai ici failli m’arrêter ici aux alentours de la page 90.

Un jour, le petit frère de même pas un an de David Case manque de tomber par la fenêtre. David le rattrape, le sauve de justesse. Mais cela l’amène à réfléchir. Il comprend, comme le ferait tout être humain dans son cas, que toute vie peut s’achever en un claquement de doigt. Sauf que David, au lieu d’en tirer la conclusion qu’il faut profiter de la vie car elle peut à tout moment s’interrompre, est persuadé que la mort, la Fatalité, le guette, le suit à la trace. Il décide alors de changer d’identité, de nom, d’apparence. Il se fait à présent appeler Justin (Justin Case, ce qui donne just in case, au cas où en anglais). Dans sa quête de changement, il rencontre Agnès, fille un peu excentrique dont il tombe amoureux, mais qui elle l’aime en ami, pas comme il voudrait qu’elle l’aime (enfin vous connaissez le topo). Ah oui, et il a un chien imaginaire, un lévrier, que certaines personnes voient comme si c’était un vrai. Différent évènements ont lieu autour de lui, seraient-ce des coïncidences ? On pourrait le croire, mais Justin est persuadé du contraire. La Fatalité est à ses trousses, donc. Mais à quel point ?
[Ce résumé n’est pas très impartial, je l’avoue]

L’histoire est originale, elle pourrait être intéressante. Si vous étiez persuadés que la Fatalité vous poursuivait, que feriez-vous ? Sauf que je n’ai pas accroché. David/Justin est exaspérant, on a plusieurs fois envie de lui donner une baffe à l’entendre répéter toujours la même chose. Agnès a du caractère, je me suis attachée à elle au début, pour vite lâcher ce sentiment. Les seuls personnages auxquels j’ai réussi à m’attacher sont Dorothéa, la fillette de 11 ans qui tient des raisonnements à la fois intelligents et marrants dans la façon dont elle les tient, et surtout Charlie, le petit frère de David. Il n’a même pas un an, mais on suit ses pensées dans certains passages. Ce petit bout de chou comprend en fait beaucoup de choses, beaucoup plus qu’on ne pourrait le croire. J’avoue qu’il m’a fait sourire ;).

Le lecteur suit de temps en temps les pensées de la Fatalité, c’est ce qu’il y avait d’original dans l’histoire. Sauf que ces passages sont très rares. Il y a bien un ou deux au début, intéressants, mais c’est tout. Dans le reste du livre, les seules phrases en caractères gras sont tous du genre « Cours, cours ! ». Ce n’est que dans les dernières pages que quelques passages plus longs réapparaissent, lorsque la Fatalité discute avec Justin.

Et dans tout le livre, il y a quelque chose qui bloque. Je n’arrivais pas à penser avec Justin, à penser comme Justin, parce que je ne comprenais pas d’où venais ses pensées, ses convictions. Et puis il y a Gaillard, le chien imaginaire. Justin l’invente de toute pièce, et le voit comme un vrai, ce qui peut être « normal » vu qu’on peut dire sans sourciller que Justin est un peu… fou. Mais ce qui est étrange dans l’affaire du lévrier, c’est que d’autres personnages disent le voir. On pourrait dire qu’ils marchent dans son sens, mais ça m’étonne que la plupart ne soient même pas surpris un quart de seconde… enfin bref. Je me suis d’abord arrêtée aux alentours de la page 90, parce que je n’arrivais pas à manifester de l’intérêt pour cette lecture (et comme j’avais plein d’autres bons livres à lire, et que, en plus, Si jamais venait de la bibliothèque). Je ne pensais pas reprendre mais, plus tard, je l’ai repris pour le feuilleter, et je l’ai finalement finit, en le lisant en diagonale, et en passant beaucoup de passages. Je dirai donc que ça s’améliore un peu, même si je suis d’avis que ça reste très bof.

C’est très rare que je n’aime pas un livre. C’est très rare que je vous parle d’une lecture comme je l’ai fait ici, je suis désolée si j’ai été un peu trop dure, mais je n’ai pas accrochée, c’est tout. Et cet avis n’engage que moi J.
C’est assez rare, mais je vous ne le conseille donc pas.


Si jamais…
Auteur : Meg Rosoff
Edition : Hachette (Black Moon)
Prix (grand format) : 16 €
Pages : 357

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10 commentaires leave one →
  1. Taedium Vitae permalink
    24 juillet 2010 0hi

    Bonsoir,
    puis-je vous demander ce qui fait que vous n’auriez pas lu « No pasaran le jeu » si cela n’avait pas été un exercice imposé ?
    Cordialement

    • 24 juillet 2010 12hi

      Tout à fait ! 🙂 Ce blog est fait pour discuter de lectures, pas pour que je donne mon avis sans qu’on puisse en discuter par la suite 😀

      Je n’ai pas dit que je ne l’aurais pas lu, puisque avant de le commencer je ne le connaissais pas, et que je n’aime pas avoir des apriori sur des livres que je n’ai pas encore lu. Quand on nous l’a proposé j’ai donc été ravie de découvrir un nouveau roman (au contraire de certains, j’aime lire des livres pour l’école, souvent ce sont de bonnes découvertes).

      En fait quand je n’aime pas un livre, c’est souvent simplement que je n’ai pas accroché, et c’est le cas pour celui-ci.
      Je n’ai pas été prise dans les changements de décors, du « réel » au jeu vidéo, et vice versa tout au long du roman.

      Je pense que ce livre peut être intéressant, parce qu’il peut permettre aux jeunes de « découvrir » (si je puis le dire ainsi) une guerre importante, celle de Guernica qui a fait énormément de morts, sous forme d’un livre qui touche également aux jeux vidéos. Il apprend aussi que ce qui se passe dans les jeux vidéos n’est pas toujours si irréel qu’on peut le croire. La guerre de Guernica a été horrible, on a « testé » des armes sur un village entier comme sur une machine. On peut encore tiré beaucoup de choses de cette lecture.

      J’ai retenu tout ça, c’était une lecture intéressante quand j’y réfléchi par la suite. Le fond était intéressante, mais je n’ai pas aimé le roman. Je suis donc au final contente de l’avoir lu, mais je n’accrochais pas, ce qui fait que j’ai souvent eu envie d’arrêter ma lecture.

      Et vous, qu’en avez-vous penser ?

      • Taedium Vitae permalink
        28 juillet 2010 13hi

        Bonjour Mathilde,
        Concernant NPLJ, j’ai particulièrement apprécié la qualité d’écriture de l’auteur qui arrive à donner du relief à ses personnages et qui les fait évoluer au cours du récit. Ainsi, on les suit dans leur progression individuelle, et l’on réalise inconsciemment que ce trio initialement assez proche semble inévitablement se séparé, chaque élément de cet ensemble dérivant de son côté, prenant des trajectoires différentes. L’auteur sait nous emmener dans la vie et dans la tête de ces jeunes garçons dans leur approche personnelle de voir et d’évoluer au sein du monde qui les entoure.
        J’admire particulièrement cette capacité à traduire les sentiments et les pensées des personnages.
        (Avez-vous lu la suite : Andréas, le retour ?
        Pour info, la BD de No pasaran est prévue pour début 2011)

        J’aime la plume de Christian Lehmann. J’aime la précision et la richesse de son vocabulaire, la puissance du décryptage des situation et la précision pour les traduire en mots, cette faculté de créer des atmosphères et de retranscrire à merveille les émotions de ses personnages, leur procurant un relief rarement rencontré dans des écrits.

        J’ai presque tout lu de cet auteur. Je prends vraiment un réel plaisir à dévorer ses écrits pour leur style et pour la précision des références.
        Cependant, je dois avouer que je n’adhère pas forcément ni aux thèmes, ni au rythme de ses romans.
        J’apprécie particulièrement qu’un ouvrage me fasse réfléchir après la fin de la lecture, mais j’aime sentir un parti pris de la part de l’écrivain. Je reste donc sur ma fin avec cet homme …
        Si je devais vous conseiller un autre livre de C. Lehmann, ce serait l’évangile selon Caïn. Ou alors, mais ce n’est pas un roman, « Patients, si vous saviez ».

        Je vous souhaite d’agréables lectures …
        Merci pour cet échange
        Au plaisir

        • 29 juillet 2010 20hi

          J’apprécie vraiment que vous défendiez ainsi votre point de vue !
          Personnellement, je n’ai pas accroché, je n’ai donc pas ressenti ce que vous décrivez, et c’est dommage, j’aurai aimé !
          J’essayerai peut-être un autre titre de cet auteur, je note ceux que vous me donnez. Je relirai peut-être aussi un jour No pasaran, p-e que je serai cette fois plus transportée…

          De même, merci pour cet échange 🙂
          A bientôt peut-être !

  2. Taedium Vitae permalink
    30 juillet 2010 17hi

    Chère Mathilde,

    Pour être honnête, je n’ai pas pris de plaisir à lire l’histoire -même si j’ai lu la suite « Andreas, le retour » – le thème ne me plaisait pas.
    Je ne l’ai lu que par pure gourmandise du style « lehmannien » …

    Mais faites une tentative avec l’un de ses romans …
    L’évangile selon Caïn
    La tribu
    Une question de confiance
    Un monde sans crime
    La folie Kennaway

    Vous aurez le choix sur le thème … Et si vous vous lancez dans la lecture de l’un d’entre eux et que vous tenez jusqu’à la fin, je me ferai un plaisir de vous accompagner dans votre lecture au besoin (vous savez ou m’écrire), et j’échangerai bien volontiers nos impressions.

    Très cordialement

    • 31 juillet 2010 14hi

      Vous me donnez envie 🙂 Si j’en vois un à la bibliothèque, je le prendrai. Je note tous ces titres..
      Et si j’en lis (j’ai envie de dire quand j’en lirai) un, je vous ferai signe et vous donnerai mon avis sur cette deuxième lecture « lehmannienne » 😉

      Bien à vous 🙂
      Mathilde

  3. 30 juillet 2010 21hi

    Tout à fait d’accord avec toi, c’est pareil pour moi. Mais je me suis obligée à le finir.

  4. aurore permalink
    21 décembre 2010 14hi

    salut
    je n’ai pas encore lu ce livre de meg rosoff mais j’en ai lu deux autre de cette auteure: « ce que j’étais »(mon livre favori) et « maintenant c’est ma vie » ( livre très boulversant) je vous les conseille car ils sont très bon et je vais me mettre à la lecture de celui-ci car j’ai envie d’avoir aussi une opinion merci beaucoup !

    • 13 juin 2011 19hi

      Je pense que je lirai un jour un autre livre de cet auteur, parce que je n’aime pas rester sur une mauvaise impression, mais pour l’instant d’autres livres qui me tentent plus m’attendent 🙂

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