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« Où vas-tu Sunshine ? » de Siobhan Dowd

21 juillet 2010

Je vous ai déjà dit combien je trouvais les couvertures de Scripto magnifiques ? Non ? Et bien c’est fait 😉 Quand ma libraire me l’a montré parmi d’autre, il m’a comme on dit tapé dans l’œil. Et l’histoire est originale, alors PAL d’été en force !

Holly se fait une fois de plus placée dans une famille d’accueil, chez les Aldrige, deux crappy-craps (« Crétins d’Adultes Périmés ») qui l’assaillent de gentillesse, de bonnes intentions et de sourires niais. Dans un tiroir, elle trouve une perruque blonde qui, une fois sur sa tête, la transforme en Sunshine, fille glamour, sensuelle. Alors, elle décide de partir en Irlande, de retrouver sa mère. En faisant du stop, en se cachant dans un camion, tant qu’elle arrive à bon port. Elle y arrivera, par ses propres moyens. Elle arrivera, puisqu’elle est à présent Sunshine, une gagnante.

Le début ne m’a pas convaincu. On plante le décor, les personnages, ce n’est pas passionnant. Holly dans le foyer d’accueil, Holly qui se fait placer, Holly qui prend ses marques dans sa nouvelle famille. Puis elle trouve la perruque, et ça devient tout de suite plus intéressant. Mais après, on se replonge dans la vie des Aldrige. Et puis, vers la page 70, Holly se prend en main. Elle prépare son sac, s’en va. Et là, le roman devient un livre qu’on ne peut plus lâcher, on suit le parcours de Sunshine sur les routes. Holly part à la recherche de son passé. Le trouvera-t-elle ? Et surtout, le trouvera-t-elle comme elle s’attend à le trouver ?

                                                                                                                                     
Extrait : pages 44 à 48

Je m’assis devant le miroir, tête baissée, et soufflai un grand coup. Puis je mis la perruque.
Je levai la tête et regardai dans le miroir. La pièce parut s’assombrir. Dehors, la pluie s’était changée en neige. Les faux cheveux blonds et mes vrais cheveux châtains foncés – des cheveux tout fins de bébé – se mêlaient le long des tempes et du front. L’image que me renvoyait la glace, c’était moitié une Holly Hogan, moitié une cinglée d’étrangère. T’énerve pas, ma fille, me dis-je à moi-même. Arrange-ça.
Le cœur battant, je rentrai soigneusement les petits cheveux fous plus foncés à l’intérieur de la résille. Après quoi, je brossai les longues, les magiques mèches blond cendré, les peignant en avant puis en arrière, retraçant le tracé de la raie.
Quand j’eu fini, je posai la brosse et respirai à nouveau un bon coup avant d’allumer la lampe de chevet, de façon à refouler les ombres dans les coins de la pièce. Alors seulement je me regardai dans le miroir.
Et soudain, elle apparut.
La nouvelle fille du pâté de maison.
Elle avait trois ans de plus que Holly Hogan et elle était sacrément belle, cette fille – une super fille glamour, un top model, quoi.
Grace m’avait tout dit à propos des filles glamour. Je l’entends encore : « Elles ont des hanches de chaloupeuse et elles envoient des ronds de fumée à la figure de tous les crappy-craps. Elles ont le monde entier à leurs pieds. »
Dans les yeux de cette fille il y avait un petit quelque chose de Mam. Elle était à mi-chemin entre Holly Hogan et Mrs Bridget Hogan. Mais elle s’élevait bien au-dessus de nous, appelée par une vie tout autre. C’était le genre de fille qu’on peut seulement regarder, qu’on ne peut jamais être.
Elle clignait des yeux. Ouvrait la bouche. Je repris la brosse. […]
– Sunshine, répétais-je à chaque coup de brosse. Appelle-moi Sunshine.
Et j’étais Sunshine, je devenais Sunshine, la fille de la route, parcourant la voûte céleste, pouce en l’air et cigarette à la main. J’étais partie pour l’Irlande, le pays où vivait Mam et où l’herbe était verte. Je ne savais pas très bien dans quelle ville elle était, mais j’étais décidée à la trouver et je la trouverai. Je traverserai la mer d’Irlande et je grimperai les collines d’Irlande sous la pluie fine, si douce, en humant l’air frais d’Irlande par pintes, exactement comme Mam me l’avait promis. Personne n’allait m’arrêter, jamais, et moi, j’allais, j’allais…
Au rez-de-chaussée, une porte claqua.
La maison-du-ciel s’évanouit. L’Irlande s’évanouit. C’était à nouveau Tooting Snooting Snobinard, avec la neige qui tombait doucement dehors et le silence dedans.

Où vas-tu, Sunshine ?, Siobhan Dowd, Gallimard (Scripto), 13 €, 346 pages

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4 commentaires leave one →
  1. Avalon permalink
    31 juillet 2010 18hi

    J’adore cette écrivaine. Chacun de ses livres est un véritable coup de coeur !

    • 31 juillet 2010 19hi

      Oui, j’ai adoré Où vas-tu Sunshine ?, et tu m’avais conseillé sur le forum Sans un cri et La parole de Fergus je crois 🙂
      Je les recherche toujours, mais ils ne sont pas à la bibliothèque 😦

  2. 31 juillet 2010 18hi

    Il me fait envie, j’espère que je vais avoir le temps de le lire…

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