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L’extrait qui fait envie [7]

21 octobre 2012

– Nos anciens noms n’ayant plus lieu d’être, reprit Nijinski, nous en choisissons de nouveaux. Et, depuis le début, il est… disons… de coutume que l’on prenne le nom de quelqu’un qui a été victime de confusion mentale. Un fou ou une folle, en somme. Qu’il s’agisse de quelqu’un de réel ou d’un personnage de fiction.

Il esquissa un sourire oblique. Ophelia embraya aussitôt :
– Vincent pour Vincent Van Gogh, Nijinski, l’Ophelia d’Hamlet, Annie Wilkes, de Stephen King, Caligula. (Elle battit des cils à l’instant de prononcer son nom.) Kerouac, Renfield, ici présent – un personnage de Dracula, rien de moins – et, bien entendu, Lear. […]
Sadie zyeuta le garçon aux yeux bleus. Pas un battement de cils. Pas un tressaillement.
– Y a pas longtemps, dit-elle, j’ai écrit un papier sur Sylvia Plath. Une poétesse. À trente ans, elle a allumé le gaz et s’est foutue la tête dans le four. Le truc, c’est que ses enfants étaient dans la pièce à côté. (Elle battit les paupières. Un geste lent et délibéré.) C’est assez barré pour vous, ça ?
Nijinski eut un mouvement de recul, comme s’il redoutait d’être contaminé. […]
– Donc ? Sylvia ? demanda-t-il en l’interrogeant du regard.
La fille aux taches de rousseur esquissa un imperceptible non de la tête.
– Pas Sylvia. Plath.

BZRK, de Michael Grant
Pages 157 à 159

J’aime cet extrait pour deux raisons : premièrement parce qu’il trahit bien le côté barge de ce roman. Quel délice de présenter son équipe comme d’un groupe de fous littéraires ! Et deuxièmement grâce à l’évocation de Sylvia Plath, que je ne connaissais pas, mais qui m’a intriguée… Alors quand j’ai croisé un de ses recueils de poésie (Ariel) en rayon, je l’ai ouvert avec curiosité, en ai lu quelques lignes, et suis immédiatement tombée sous le charme ! Donc, merci BZRK 😀

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ARIELde Sylvia Plath

Un moment de stase dans l’obscurité.
Puis l’irréel écoulement bleu
Des rochers, des horizons.

Lionne de Dieu,
Nous ne faisons plus qu’un,
Pivot de talons, de genoux! – Le sillon

S’ouvre et va, frère
De l’arc brun de cette nuque
Que je ne peux saisir,

Yeux nègres
Les mûres jettent leurs obscurs
Hameçons –

Gorgées de doux sang noir –
Leurs ombres.
C’est autre chose

Qui m’entraîne fendre l’air –
Cuisses, chevelure;
Jaillit de mes talons.

Lumineuse
Godiva, je me dépouille –
Mains mortes, mortelle austérité.

Je deviens
L’écume des blés, un miroitement des vagues.
Le cri de l’enfant

Se font dans le mur.
Et je
Suis la flèche,

La rosée suicidaire accordée
Comme un seul qui se lance et qui fonce
Sur cet oeil

Rouge, le chaudron de l’aurore.

Dans mon caddie, dans mes paquets [1]

20 octobre 2012

J’instaure une nouvelle rubrique ! En attendant mes chroniques qui vont bientôt arriver, je me le promets ! (ouioui, j’ai décidé qu’avant de vous faire des promesses, j’allais essayer de me les faire à moi-même, on verra ce que ça donne ;))

Cette rubrique s’inspire un peu du célèbre « In My Mailbox », mais je préfère le faire pour moi-même, sans devoir « rendre de comptes », donc voici… Dans mon caddie, dans mes paquets ! Vous l’aurez compris, je présenterai ici mes nouveaux achats livresques (dans mon caddie), et mes cadeaux (dans mes paquets) 🙂 J’espère que vous apprécierez ces nouveaux petits rendez-vous (ni hebdomadaire ni rien du tout, ce sera simplement quand il y aura quelque chose à montrer) !

See you soon mes petits clowns !

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Qu’est-ce que ça donne quand on me lâche toute une après-midi dans les environs Écureuil du Nord/Fnouc avec en main une carte cadeau toute fraîchement retrouvée ? Une Mathilde très heureuse ! Mais aussi..

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HATE LIST de Jennifer Brown

« C’est moi qui ai eu l’idée de la liste. Je n’ai jamais voulu que quelqu’un meure. Est-ce qu’un jour on me pardonnera ? »

C’est ce que pense Valérie, effondrée après un drame inexplicable survenu au lycée. Son petit ami, Nick, a ouvert le feu dans la cafétéria, visant un à un tous les élèves de la liste. Cette fameuse liste qu’ils ont écrite pour s’amuser et où figurent ceux qui étaient odieux, lâches, méprisants dans l’établissement. Maintenant, ils sont blessés ou morts. Et Nick s’est suicidé, emportant son secret pour toujours. Mais Valérie elle, est toujours là, enfermée dans une bulle de questions sans réponses? Jusqu’au matin, où elle se lève et quitte sa chambre pour retourner au lycée…

..

Parce qu’il m’avait déjà fait de l’oeil en librairie, parce que j’en ai lu de très bon avis, parce que je suis curieuse de ce que ça va donner, parce que je n’ai plus pu résister quand je l’ai vu une énième fois dans les rayons..

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ARIEL de Sylvia Plath

[Extrait] 39,5° de fièvre

Pure ? Qu’est-ce que ça veut dire ?
Les langues de l’enfer
Sont mornes, aussi mornes que la langue

Triple du morne et gros Cerbère
Qui halète à la porte. Incapable
De lécher, incapable de laver
Le tendon fébrile, le péché, le péché

[…]

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Parce que j’ai entendu parler de cette poétesse par ma lecture du moment (BZRK de Michael Grant), parce que quand je l’ai vu en rayon j’ai eu un moment de curiosité et que je suis immédiatement tombée amoureuse de la plume de la dame..

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NOVECENTO : PIANISTE d’Alessandro Baricco

Né lors d’une traversée, Novecento, à trente ans, n’a jamais mis le pied à terre. Naviguant sans répit sur l’Atlantique, il passe sa vie les mains posées sur les quatre-vingt-huit touches noires et blanches d’un piano, à composer une musique étrange et magnifique, qui n’appartient qu’à lui: la musique de l’Océan dont l’écho se répand dans tous les ports.

Sous la forme d’un monologue poétique, Baricco allie l’enchantement de la fable aux métaphores vertigineuses.

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Parce que ce petit « monologue » a l’air plein de poésie, parce qu’il m’est tombé sous la main, que j’ai lu la première page, puis la seconde, et que j’ai du m’empêcher de continuer 😉

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L’ENCHANTEUR de René Barjavel

Qui ne connaît Merlin ? Il se joue du temps qui passe, reste jeune et beau, vif et moqueur, tendre, pour tout dire Enchanteur. Et Viviane, la seule femme qui ne l’ait pas jugé inaccessible, et l’aime ? Galaad, dit Lancelot du Lac ? Guenièvre, son amour mais sa reine, la femme du roi Arthur ? Elween, sa mère, qui le conduit au Graal voilé ? Perceval et Bénie ? Les chevaliers de la Table Ronde ? Personne comme Barjavel, qui fait le récit de leurs amours, des exploits chevaleresques et des quêtes impossibles, à la frontière du rêve, de la légende et de l’Histoire.

Dans une Bretagne mythique, il y a plus de mille ans, vivait un Enchanteur. Quand il quitta le royaume des hommes, il laissa un regret qui n’a jamais guéri. Le voici revenu.

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Parce que j’avais plusieurs fois déjà entendu parler de cet auteur, parce que le résumé me disait beaucoup de bien et m’intriguait, parce que j’ai eu envie de tenter !

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Et du côté de ma soeur (parce que souvent notre shopping bouquins, on le fait à deux) :

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« Cabaret #1 : Ingénue » de Jillian Larkin

9 septembre 2012

J’ai complètement craqué sur la couverture toute simple quand je l’ai vue en librairie (et l’originale est encore plus sublime, si c’est possible !), et le contexte historique de l’époque a achevé de me séduire. J’aurai aimé voir plusieurs points plus approfondis, mais au final c’est une plutôt bonne lecture ! Ingénue raconte ce qui pourrait être défini comme le passage à l’âge adulte de trois filles, où elles se cherchent… et se trouvent.

Gloria, qui se présente comme l’héroïne « principale » du roman, est promise au parti le plus en vue de la ville. Elle m’a tout d’abord renvoyé une personnalité fade de petite fille gâtée qui veut se rebeller un peu, pour la forme et pour l’image. Mais on se rend compte petit à petit que ses sorties au Green Mill, bar clandestin très en vogue à cette époque où la prohibition vient de frapper, ne sont pas seulement le fruit d’une petite rébellion adolescente, mais qu’elle se cherche réellement et est prête à tout pour vivre une vie qu’elle aura elle-même tracée.

Lorraine, sa meilleure amie depuis toujours, vit pour le regard des autres. Elle qui a été la première de son collège à se couper les cheveux à la mode garçonne, la première à se rebeller, la première à oser, se sent trahie lorsque Gloria se rend au Green Mill sans elle, et c’est le début d’une jalousie avec ou sans raisons, qui la poussera parfois plus loin qu’elle ne le souhaitait… Si j’ai trouvé au début ce personnage complètement horripilant et même pathétique, ce n’est que dans les dernières pages qui lui sont consacrées que mes sentiments ont changés.. ne lui attribuant que plus de pitié.

Clara enfin, complète le trio féminin. Cousine de Gloria, est officiellement envoyée pour organiser le mariage de celle-ci… officieusement envoyée par ses parents pour l’éloigner de la vie de débauches qu’elle a vécu à New-York. C’est sans nul doute le personnage que j’ai trouvé le plus intéressant. Pour échapper à une école qui pourrait être qualifiée de prison, elle se crée un rôle de campagnarde innocente et se révèle très bonne actrice, ce qui donne un aspect supplémentaire à la diversité du roman. Elle présente en plus une grande maturité dûe à son passé riche en évènements.

Le rythme du récit est donc donné par l’alternance de ces trois voix au fil des chapitres. J’espère que le second tome (que je lirais sans doute) évoquera un peu plus les personnages masculins, parce que leur opinion m’a un peu manquée 🙂

En parlant de personnages masculins, l’histoire d’amour entre Gloria et Jérôme, un pianiste noir du Green Mill dont elle tombe amoureuse, m’a un peu déçue. J’ai l’impression que l’auteure a un peu trop puisé dans le registre « coup de foudre », ce qui est très romantique, etc etc… Mais du coup, cet amour est tellement é-vi-dent et indéfinissable que l’on est privés des détails et des descriptions. Cela peut avoir un certains nombres de points positifs, et sûrement que cela en a surpris positivement plus d’un (après tout, le résumé de quatrième de couverture évoque un peu une histoire style Les Feux de l’amour, alors se rendre compte que c’est faux peut nous arracher un sourire rassuré), mais certains aspects m’ont vraiment manqué, particulièrement le fait que leur amour « mixte » et donc interdit n’a pas l’air de déranger grand monde…

Ce qui m’a particulièrement plu, c’est l’ambiance, cette Amérique des années folles, avec ses bars clandestins, lieux de toutes les tentations, ses garçonnes, ses amours, trahisons et vengeances… J’ai pourtant encore une fois trouvé que le tout n’était pas vraiment approfondi, mais c’est sûrement dû au public visé. Malgré cela, je suis réellement tombée sous le charme de cette époque, et je lirai sans doute d’autres romans qui lui sont consacrés (d’ailleurs, si vous avez des coups de coeur ou bonnes surprises à me faire découvrir, n’hésitez pas je suis toute ouïe !).

Je pense que cette lecture révèle aussi une chouette morale : ce n’est pas parce qu’on a la beauté, la richesse, le titre et la popularité des gens de bonnes familles que l’on est heureux avec cette vie toute tracée. Pour cela et beaucoup d’autres points, cette lecture m’a fait pensé à la saga Rebelles de Anna Godbersen, mais même si au début le ne pouvais m’empêcher de comparer les deux, cette caractéristique a vite fini de m’intéresser et ne m’a plus dérangée.

En conclusion, même si j’ai un peu eu l’impression de rester en surface et de ne pas vraiment plonger au coeur de l’histoire et des personnages (et le fait qu’il n’y ai pas vraiment de fil conducteur participe peut-être à cette impression), j’ai quand même bien appréciée cette lecture, et lirai sûrement la suite 🙂

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J’ai lu ce livre dans le cadre d’une lecture commune avec Zina, Elizabeth-Bennet, Yukarie et Cookies. Merci les filles ! 🙂

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Titre VO : The Flappers #1 : Vixen / Traduit de l’anglais (États-Unis) par Francine Deroyan, et adapté par Sidonie Van den Dries / Lu dans les éditions Bayard jeunesse, 444 pages / ISBN 978-2747035903 / Amazon (16,05 ) / Fiche Bibliomania

 Saga Cabaret : #1 Ingénue, #2 Vengeance, #3 Dia (titre VO)

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« Fille des Chimères » de Laini Taylor

19 juillet 2012

Karou a tout l’air au premier coup d’œil ordinaire, et pour toutes les questions qu’on lui pose, elle a appris à faire passer les réponses, vraies mais farfelues, en les énonçant accompagnées d’un petit sourire sarcastique, ce qui la fait uniquement passer pour une originale, une blagueuse, et cache bien aux autres ce qu’elle est vraiment… Mais elle-même se pose quotidiennement cette question : qui est-elle ?

Quand j’ai vu (il y a quelque mois :/) ce livre dans ma boîte aux lettres, je vous avoue ne pas m’être pressée, et voilà pourquoi vous ne lisez ma chronique que maintenant. En effet, je trouve la couverture peu engageante, et je ne sais pas pourquoi, le quatrième de couverture ne m’avait pas tenté plus que ça non plus. Heureusement, il a repointé le bout de son nez dans ma PAL des vacances, et une fois lancée, je n’ai plus pu m’arrêter ! Les points forts sont au final très nombreux (et d’ailleurs, vous pouvez vous attendre à une longue chronique :3)

J’avoue avoir eu un peu peur à la lecture des premières pages, de ces quelques pages qui évoquent un ex-petit ami, peur de la romance plate. Mais heureusement, malgré cette peur, l’écriture m’avait déjà charmée, j’ai donc continué, et tout de suite été rassurée : cet « ex » n’est qu’un personnage très secondaire qu’on voit rapidement disparaître au profit de personnages plus engageants (néanmoins, je suppose qu’il aura un rôle peut-être plus important dans les deux tomes suivants (et oui, c’est une trilogie, et je m’en réjouis :D), puisque ses quelques apparitions ne font que monter l’eau à la bouche, sans vraiment prendre sens).

Karou, représentée par l’artiste (et mari de l’auteure) Jim di Bartolo

Et pour parler de personnages plus engageants, je ne mâche pas mes mots : le personnage de Karou est la première chose qui m’a charmée, et un des points forts de cette lecture. Elle représente plein de contradictions, de contradictions qui la rendent on ne peut plus vraie, réelle malgré que tout ce qui lui arrive  devrait logiquement l’éloigner de notre monde. Sa force, psychique et physique dont elle use lors de ses courses pour lesquelles elle se « propose » à Sulfure (j’y reviendrai), mais aussi sa fragilité, les questions qu’elle se pose, les sorts qu’elle use pour des futilités (et qui l’éloignent ainsi de façon délicieuse des héroïnes chevaleresques, fortes et exemplaires en toute situation) ; le fait qu’elle paraîsse aux yeux de tous une originale sûre d’elle, très douée dans son art, un poil cynique… alors qu’au fond d’elle, un vide  l’habite depuis toujours dont elle espère se défaire un jour, peut-être en découvrant ce qu’elle ignore encore sur son identité…

La première partie du roman nous présente la double-vie de Karou, côté face avec sa seule véritable amie (qui pourtant elle aussi ignore tout de son autre vie) Suzanna (que j’ai également beaucoup aimé découvrir au fil des pages), ses cours de dessins… et de l’autre, côté pile, ce qu’elle vit dans l’officine de Sulfure, qui l’a élevée depuis le berceau avec trois autres chimères, substitut de la famille humaine qu’elle n’a jamais eue, et à laquelle elle accède par une porte, qui lui permet dans l’autre sens de visiter le monde entier. Ensuite, tout dérape, ce qui lance Karou dans une quête pour retrouver les siens, quête qui, qui sait, sera peut-être la clé de la recherche sur son identité. Elle rencontrera dans cette quête Akiva, son ennemi, un Ange, et vous vous doutez de la suite.

Mais même si certains éléments sont très prévisibles, et même présentés par le résumé du quatrième de couverture, on va de surprise en surprise, Laini Taylor n’entre pas dans le moule des amours impossibles entre ennemis de toujours. Elle nous sert une romance type Roméo et Juliette, mais qui ne gâche absolument pas l’aventure de notre Karou, loin de là.

J’ai également été séduite par l’écriture de l’auteure, et pas qu’un peu ! Les descriptions de la Prague hivernale où Karou habite sont tout simplement délicieuses, je n’avais qu’une envie, faire mes valises et partir là-bas… et tant que j’y suis, plonger dans le livre pour suivre Karou dans toutes ses courses, dans tous ce endroits plein de couleurs qu’elle décrit comme une vitrine de gâteau… (je sais je m’emballe un petit peu :3).

Pour finir, tous les mythes, les vieilles histoires des chimères et des séraphins m’ont charmées ! Ils sont tellement bien construits qu’en les lisant on a le plaisir de les découvrir, et en même temps l’impression de les connaître à la manière de légendes gréco-latines…

En somme, c’est un coup de coeur sur tous les points de vue ! Laissez-vous tenter, je suis sûre que vous serez vous aussi séduits par ce monde, ce scénario et ces personnages enchanteurs 😀

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Un grand merci aux éditions Gallimard Jeunesse de m’avoir envoyé cet ouvrage en avant-première (même si je n’ai pas vraiment joué mon rôle de bonne chroniqueuse, et que je l’ai lu avec disons, beaucoup de retard :/), d’autant plus que je ne l’aurai pas acheté s’il ne m’avait pas été envoyé, et que cela aurait été bien dommage ! 😀

Fille des Chimères, Laini Taylor, Gallimard Jeunesse,
IS
BN 978-2070639922, 445 pages, 18 €,
Liens : Bibliomania, Amazon
Enjoy !

« Emily the Strange #1 : « Les Jours Perdus » de Rob Reger, Jessica Gruner & Buzz Parker

17 juillet 2012

Emily, renommée Earwig par elle-même, ne se souvient de rien quand elle se ‘‘réveille’’ d’une étrange rêverie floue dans le sombre village de Blackrock. Elle trouve refuge dans le café El Dungeon, auprès de Raven, la serveuse un tantinet… bizarre. Évoluant de jour comme de nuit avec quatre chats (elle les préfère aux humains, qu’elle ne porte pas particulièrement dans son cœur) et ne se reposant (dans le carton de réfrigérateur qui lui sert d’abris) que pour faire d’excellents cauchemars qui la revigorent, Earwig erre, à la recherche d’indices. Qui est-elle ? Pourquoi personne ne semble la (re)connaître ? Pourquoi est-elle frappée d’amnésie et comment s’est-elle retrouvée sur ce banc ? Comment appelle-t-on un bébé chat ? Elle remplit son carnet d’hypothèses farfelues, de listes toujours en 13 points, de dessins et de polaroïds, mais surtout d’observations. Elle étudie le village et ses villageois, et le comportement des étranges clients du café, sources intarissables.

Intriguée depuis que ce livre repose dans ma bibliothèque, je me suis enfin décidée à me lancer… et je vous avoue que j’ai eu du mal à entrer dans l’histoire, et pas qu’un peu. Jusqu’à la moitié du roman, j’ai failli lâcher celui-ci plusieurs fois. Certes, l’ambiance du livre se fait ressentir dès les premières pages et on peut admirer les auteurs pour ce fait, mais il ne se passe rien. Earwig tourne en rond, s’ennuie parfois et suivant son exemple je me suis à mon tour ennuyée. Elle recherche des indices sur son identité, oui, mais sa démarche m’a parfois donné envie de la secouer un bon coup… bref, vous l’aurez compris, je n’étais au départ pas convaincue. Mais heureusement, l’intrigue prend un nouveau tournant dans la seconde moitié du livre. Les différents éléments, jusqu’alors rares et brouillons, prennent sens et se multiplient, et des ‘‘ennemis’’ et obstacles apparaissent et rythment un peu plus le récit (même si ceux-ci restaient un peu trop lointains à mon goût, Earwig ne se retrouve à aucun moment réellement au pied du mur…). J’ai également été agréablement surprise par le caractère fantastique qui se glisse discrètement dans les lignes.

Le point fort de cet ouvrage reste son ambiance particulière, autant dans les mots de Jessica Gruner et Rob Reger que dans les illustrations de ce dernier et de Buzz Parker. Le tout est surprenant, et si vous aimez les atmosphères Tim Burtonesques, je pense que vous pouvez tenter sans danger cette lecture, j’en tire pour ma part un sentiment positif malgré tout 🙂

Emily the Strange #1 : Les Jours Perdus, de Rob Reger et Jessica Gruner,
illustré par Rob Reger et Buzz Parker, Michel Lafon,
I
SBN 978-2749913117, 253 pages, 14,95 €,
Liens : Bibliomania, Amazon

Enjoy !

« La Messagère de l’au-delà » de Mary Hooper

15 juillet 2012

Deuxième lecture pour ma part dans la maison d’édition (Les Grandes Personnes), et je suis encore une fois agréablement surprise.

Le roman nous plonge dès ses premiers mots dans les pensées d’Anne Green, une jeune servante… morte, où en tout cas qui le paraît. Et dès les premières pages, nous partageons déjà ses inquiétudes, a-t-elle été enterrée vivante, ou est-ce donc cela, le purgatoire qui doit la mener au paradis ? Parce que même si pendue car accusée d’infanticide, Anne Green se sait non-coupable, et est sûre que Dieu en est conscient lui aussi. D’ailleurs, se furent ces derniers mots, après s’être clamée une dernière fois innocente : « Puisse Dieu se hâter de me conduire au Paradis. »

Le récit est double, avec en alternance les voix d’Anne et de Robert. Anne, qui nous raconte son histoire, qui nous conte ce qui l’a amenée là. Robert, bègue et timide au possible, étudiant  en médecine, qui allait assister à sa première dissection… dissection qui tourne à la curiosité pour tous, y compris les professeurs renommés puisqu’ils n’ont jamais vu ça : Anne présente des signes de vie, légers mais bel et bien là. Robert et ses professeurs se lancent alors dans l’aventure de réveiller la belle au bois dormant, version anglaise du XVIIe siècle.

Dès la lecture des premières lignes nous sommes plongés dans les mœurs de l’époque à travers le narrateur très plaisant d’Anne, et j’ai tout de suite accroché. Je ne m’attendais pas avant ma lecture à suivre si précisément son histoire, mais plutôt au récit unique de Robert… et je ne suis absolument pas déçue de cet aspect inattendu ! Je me suis demandée tout au long du récit comment une jeune fille qui manifestement ne pourrait pas faire de mal à une mouche se retrouvait accusée d’infanticide… on s’accroche alors à ses mots, et malgré le fait que cela reste un roman jeunesse (et que j’ai pas non plus été frappée par des tournures de phrases particulièrement exceptionnelle), je ressors en ayant beaucoup apprécié le style d’écriture de l’auteur, et je pense que si un de ses autres romans me tombe sous la main, je me laisserai sûrement tenter. J’ai donc eu hâte de découvrir la vérité, mais les chapitres consacrés à la salle de dissection n’ont pas du tout coupé mon élan, au contraire. La narration de Robert m’a également beaucoup plu, qui mélange avec goût observations objectives de son cours (bouleversé mais non pas moins intéressant pour autant) et pensées sur sa propre expérience des cadavres, sur sa mère décédée et sur les difficultés que lui posent son bégaiement constant, tout en finesse. J’ai apprécié les deux personnages tout autant l’un que l’autre, et le récit semble vouloir nous montrer qu’il était tout à fait légitime que ces deux adolescents soient amenés à se rencontrer, tant la tendresse de l’un s’accorde avec le caractère de l’autre.

Il est également intéressant de savoir que Mary Hooper, l’auteure, s’est inspiré pour son roman de l’histoire d’Anne Green, qui a réellement existé, une histoire qui l’avait, comme elle l’explique dans la postface, captivée quand elle en avait entendue parler. Et je la remercie d’avoir eu la bonne idée d’en faire un roman pour pouvoir nous captiver à notre tour ! La plupart des personnages ont donc réellement existé et, moi qui pensais ne pas être une grande fan des romans historiques, la toile de fond historique m’a beaucoup plue… comme quoi, il n’y a que les imbéciles qui ne changent pas d’avis 😉

Le seul léger point noir est la présence de petits moments un peu longs au début, mais comme ce livre se lit assez vite, ils passent au final inaperçus. Je vous conseille donc vivement cette lecture !

La Messagère de l’au-delà, Mary Hooper, Editions Les Grandes Personnes,
IS
BN 9782361930103, 239 pages, 15 €,
Liens : Bibliomania, Amazon
Enjoy !

Cher Père Noël. Des journées de 48 heures, vous avez ça dans vos rayons ?

27 novembre 2011

Hello les petits loups ! Je pense que j’ai à m’excuser, je m’en veux de ne plus tenir ce blog à jour, pour vous qui me suiviez, mais surtout – oui, je suis égoïste parfois – pour moi, parce que m****, le temps passe trop vite, qu’est-ce que ça fera plus tard si déjà à 16 ans je n’ai plus assez avec 24 heures pour faire ce que j’aime ? J’ai l’impression d’être passée en quelque mois de 24 heures à 12, au moins. Mais bon, fini la déprime, je vais essayer de m’y remettre. Promis ! Et cela dès demain, oui oui, vous aurez une chronique ! Surtout que j’ai deux livres lus dans le cadre des Chroniqueurs On Lit Plus Fort qui attendent près de mon ordinateur, ils sont tristes les pauvres, et moi j’ai honte :/

Bisous bisous, merci d’être toujours là. Comment ça, plus personne ? 😉

Challenge Magie & Sorcellerie Littéraire

30 octobre 2011

Aujourd’hui je vous présente un challenge auquel je me suis inscrite il y a un bout de temps, mais que je n’ai pas encore pris eu le temps de vous présenter 🙂

Organisateurs/trices : Ellcrys (et Anne So)

Thème : Comme le dit son nom, de lire des livres en rapport avec la magie, aussi bien blanche que noire, ou avec la sorcellerie.

Genre d’ouvrages : Comme ne le dit pas son nom, romans, albums et bandes-dessinées entre tous dans ce challenge.

Nombre d’ouvrages à lire : Un à deux livres pour le niveau Apprenti sorcier, trois à quatre pour le niveau Sorcier diplômé, ou cinq à six pour le niveau Magicien confirmé, que j’ai choisi 🙂

Expiration : Vous avez jusqu’au 31 mars 2012 !

Je pense que j’ai tout dit 🙂
Je ne choisis pas de livres à l’avance, ce sera au gré de mes envies 🙂

LIVRES LUS (4/5)

 A comme Association #2 : Les limites obscures de la magie [Pierre Bottero]
 Les Eveilleurs #1 : Salicande [Pauline Alphen]
 Les Eveilleurs #2 : Ailleurs [Pauline Alphen]
 La Fille du marais [Franny Billingsley]

J’en suis donc déjà à 4/5, je pense que c’est le seul challenge que je réussi pour l’instant ;D

« La Fille du Marais » de Franny Billingsley

22 octobre 2011

Deuxième livre lu en tant que chroniqueuse On Lit Plus Fort, et je remercie cette fois Gallimard Jeunesse bien sûr, pour ce colis qui a posé un grand sourire sur mon visage (une semaine après Lueur de Feu, je ne m’attendais pas à en recevoir un nouveau si vite ! Mais j’en suis bien sûr ravie :)), mais aussi à la maison d’édition (Les Grandes Personnespuisque c’est chez elle qu’est sorti La Fille du Marais ! Une très belle surprise donc, dans la boîte aux lettres mais aussi en parcourant les pages…

Briony Larkin a 16 ans et une vie pas facile.. TATATA, je vous arrête. Non, ce n’est pas ENCORE une histoire d’adolescence ratée, de boutons et d’acnée, de dépressions amoureuses et de romance à l’eau de rose. Je continue. Briony Larkin a 16 ans et une vie pas facile. Elle a quelques petits problèmes. Moui, tout petits. Elle est juste responsable de la mort de sa belle-mère, de la déficience mentale de sa petite soeur, doit cacher aux autres sa vraie nature… et elle se hait, se hait de tout son cœur parce que c’est comme ça qu’elle arrive à gérer avec ce qu’elle est. Une sorcière.

Dans cette région reculée d’Angleterre au début du XXe siècle, la révolution industrielle laisse peu à peu ses marques mais n’a pas encore effacé les superstitions, les pendaisons de sorcières et les créatures du marais. Briony a le don de seconde vue – qu’elle voit plus comme une malédiction que comme un don – mais cache son secret tout en résistant à l’appel du marais et en s’occupant de sa sœur jumelle, sous peine d’être pendue. Parce que si les habitants du petit village ont appris à cohabiter avec Ceux du passé, ils s’éloignent du marais autant qu’ils peuvent – il est prévu de l’assécher -, se cachent de la toux du marais et chassent les sorcières.

Si certains blogueurs ont eu du mal à entrer dans l’histoire, j’ai pour ma part été aspirée dès la première page dans cette ambiance sombre – qui m’a un peu fait penser à Tim Burton, admirative aussi pour cette auteure qui arrive à nous emmener avec elle dans ce village aux moeurs particulières, si bien que, même si l’histoire se passe au XXe siècle, j’ai parfois eu l’impression d’avancer dans un monde parallèle, ou du moins dans une bulle intemporelle où se cotoyent créatures fantastiques et villageois ordinaires.

Dans d’autres contexte, j’aurais pu détester Briony, constamment en train de se plaindre et de se haïr. Mais elle a le tact d’avoir de bonnes raisons de le faire, et c’est déjà une bonne chose, mais aussi d’accompagner son humeur morose d’une bonne dose d’auto-dérision, et d’une grande maturité. J’ai aussi beaucoup aimé le personnage de Rose, sa soeur jumelle, très attachant. On a l’impression d’être en face d’une fillette de 6 ans, mais le lien fort malgré tout entre les deux soeurs nous ramène à la réalité.. et ses attitudes toujours plus surprenantes et décalées font bien avancer le récit, même si le personnage est au départ secondaire. Eldric aussi m’a bien plu, et leur romance qui se file en arrière-plan met une chouette touche positive dans le roman même si tout ne se passe pas merveilleusement, et j’ai beaucoup aimé suivre cet amour sans coup de foudre, sans depuis-le-début-je-savais-que-c’était-lui, tout en douceur mais pas pour autant moins puissant.

L’histoire ne m’a pas marquée pour son action, et s’il n’y avait pas eu le reste, j’aurais été loin d’être conquise, mais son ambiance, les personnages et les idées du livre rattrapent sans soucis les petits moins. Les idées, parce que malgré les créatures fantastiques et la situation quelque peu compliquée de Briony, je pense que nombre d’adolescent(e)s pourront s’identifier dans ce personnage… Je pense que chacun a sa Muse noire, son Eldric et sa Rose personnelle 🙂

Père avait préparé un sermon sur le sens de la vie de Mr. Spoiler. C’est pourquoi on écrit des histoires : pour tenter de créer du sens à partir de rien. Mais la vie de Mr. Spoiler n’avait aucun sens. Il avait vécu, exhalé des odeurs de soupe en boîte, et il était mort.
Quand nous étions petites, Rose et moi jouions à un jeu qui consistait à relier des points entre eux. J’adorais ce jeu. J’adorais tracer une ligne du point numéro 1 au point numéro 2 et ainsi de suite. Mais surtout, j’adorais le moment où les points, semés au hasard, formaient une image.
C’est ce que font les histoires. Elles relient les points hasardeux de la vie pour créer des images. Mais ce n’est qu’illusion. Essayez un peu de relier les points de la vie et vous aboutirez à un gribouillis sans queue ni tête.

– évidemment, le mort ne s’appelle pas Mr. Spoiler, mais le nom que je lui ai donné s’explique de lui-même 😉 –
pages 79-80

Une très bonne découverte donc, et j’en suis d’autant plus ravie que je ne pense pas que j’aurais acheté le livre s’il ne m’avait pas été envoyé, merci encore !

La Fille du Marais, Franny Billingsley, Les Grandes Personnes,
IS
BN 978-2361930851, 411 pages, 19 €,
Liens : Bibliomania, Amazon
Enjoy !

« Passe un ange noir » d’Anne Bragance

17 octobre 2011

Elle, elle a 15 ans, pas de père, une mère absente, pas de grands-parents, aucune amie de son âge, un drôle de prénom. Lui, presque soixante-dix-huit ans, ni épouse ni amis, ni enfant ni petits-enfants, un drôle de prénom. Et tous les deux, tous les matins, se placent à l’abribus de la ligne numéro 15. Milush pour se rendre au collège, Andres pour trouver de la compagnie. Et de là va naître une amitié hors du commun entre deux individus pas forcément gâtés par la vie, mais qui la prennent comme elle vient, jour après jour.

Un petit livre sans prétention qui se révéla être une excellente lecture. Pas d’aventure, de quête, de romance et autres grands boums, non, juste le fil de deux vie qui le temps de 150 pages et des poussières s’entremêlent. On se sent petite souris qui observe. Les joies, les peines, les peurs, les pensées secrètes de ces personnages, adorables tous deux. Milush fait d’Andres le grand-père qu’elle n’a jamais eu, et lui offre par la même occasion une source de joie dans sa vie devenue un peu trop monotone.

Un récit qui se lit très rapidement, rythmé par les séquences de vie de Milush et d’Andres, mais aussi de la voisine, du chauffeur de bus, tous touchants à leur manière, rythmé par leur recherche personnelle du bonheur, qui leur avait jusque là semblé impossible.

Passe un ange noir, Anne Bragance, Gallimard (Folio),
IS
BN 9782070422715, 158 pages, 4,60 €,
Liens : Bibliomania, Amazon
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